Les cookies sur le site l’IFPPC
Ce site utilise des cookies nécessaires au fonctionnement de l'espace Adhérents et des cookies destinés à mesurer la fréquentation du site pour en améliorer la performance.
Dans notre dernier bulletin trimestriel de l’IFPPC, nous donnons la parole à Hugues Pollastro, Directeur général de l’UDES (Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire) pour un dossier spécial "L'économie sociale face aux difficultés".

L’UDES est l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire. Depuis 2014, elle est l’unique organisation patronale représentative de l’économie sociale et solidaire niveau multi-professionnel. Elle fait partie des 6 grandes organisations d’employeurs avec le MEDEF, la CPME, l’U2P, la FNSEA et la FESAC.
L’UDES a pour missions de représenter les employeurs des 22 000 entreprises de l'ESS qui emploient 2,7 millions de salariés auprès des pouvoirs publics, et des partenaires sociaux ; de négocier et signer des accords collectifs de travail au niveau multi-professionnel, ce qu’elle a fait récemment avec la signature le 8 décembre 2025 d’un dixième accord multiprofessionnel sur les transitions démographiques consacré à l’accompagnement des salariés aidants, des salariés parents et des salariés séniors.
Enfin, elle a pour mission d’appuyer les entreprises de l’ESS sur des sujets transverses, ce que nous faisons notamment par le déploiement de SOS Employeurs ESS, un dispositif d’écoute et d’appui entre pairs pour les entreprises en difficulté, ou via la mise à disposition d’outils de mesure de l’empreinte carbone et de l’impact social sur la plateforme Valor’ESS.
L’UDES rassemble des acteurs d’une grande diversité, que cela soit en termes de statuts (associations, fondations, mutuelles, coopératives) ou de structures (de la Maif et du Groupe Vyv à la structure d’aide à domicile et la crèche associative, en passant par l’organisme de formation et l’entreprise d’insertion). Nos adhérents sont eux-mêmes des syndicats d’employeurs de secteur.
Nous en comptons 21 qui représentent 15 branches professionnelles.
L’UDES a récemment souhaité élargir les possibilités d’adhésion pour rassembler l’ensemble des employeurs de l’ESS, y compris des employeurs non-branchés. Il sera donc bientôt possible d’adhérer en direct à l’UDES.
Lors de la préparation du projet de loi de finances 2025, nous avions déjà évalué à 186 000 le nombre d’emplois menacés dans l’ESS. Depuis 2021, l’économie sociale et solidaire – qui représente plus de 200 000 structures employeuses et 2,7 millions de salariés, soit 14% de l’emploi privé ! – a connu une dégradation rapide : la croissance de l’emploi est passée de +4 % à +0,5 % en trois ans.
Les marges de manœuvre des employeurs se sont considérablement amoindries entre l’effet de l’inflation, des revalorisations salariales et de la baisse des financements publics, encore accentuée par le vote du budget 2026.
L’UDES et ses adhérents ne cessent d’alerter sur ce que nous vivons comme un plan social à bas bruit. Alors que l’ESS était créatrice d’emploi, depuis 2025, ce n’est plus le cas, à l’exception des Fondations.
Au second semestre 2025, 69 % des associations déclaraient avoir des fonds propres fragiles, et 31 % une trésorerie inférieure à trois mois. Les procédures de sauvegarde ont été multipliées par cinq en six mois. Entre 2022 et 2025, le nombre de procédures collectives pour les associations a plus que doublé, passant de 687 à 1605. La part des liquidations a elle aussi plus doublé .
Plus récemment, un baromètre réalisé en janvier par Hexopée indiquait que 13% des associations répondantes avaient déjà procédé à des licenciements en 2025 et que 41,3% avaient déjà décidé de ne pas renouveler des départs pour alléger la masse salariale. A titre d’exemple, le secteur de l’aide à domicile a enregistré une perte de 0,4% de l’emploi au 1er semestre 2025, alors même que c’est un des secteurs de l’ESS les plus dynamiques en termes d’emploi .
L’ESS traverse une phase où la fragilité financière des entreprises, la pression budgétaire et les tensions sur l’emploi nous font craindre un risque systémique : réduction de l’offre associative, affaiblissement des services d’intérêt général et mise en péril des missions essentielles que remplissent les entreprises de l’ESS sur le territoire, a fortiori sur les territoires les moins dotés en services publics.

Au-delà de la forte activité de l’UDES lors des débats budgétaires et plus largement auprès des parlementaires et des décideurs toute l’année, l’UDES a souhaité essaimer une initiative d’employeurs issue de la crise du COVID-19 : le dispositif SOS Employeurs ESS. Il s’agit d’un dispositif d’écoute et d’appui entre pairs employeurs, basé sur la confidentialité, le bénévolat et la bienveillance.
L’UDES a accompagné l’essaimage de ce dispositif qui est aujourd’hui présent dans 10 régions sur l’hexagone et dans les Antilles et qui couvrira la quasi-totalité du territoire d’ici la fin de l’année.
Concrètement, tout employeur de l’ESS qui éprouve une difficulté peut contacter le dispositif par courriel et se verra proposer dans les quelques jours qui suivent un entretien avec des pairs. Lors de cet entretien, les employeurs-accompagnants vont pouvoir aider leur pair à qualifier ses difficultés, lui prodiguer des conseils et l’orienter vers le dispositif le plus adapté.
Nous avons notamment convenu avec l’IFPPC la possibilité d’offrir gratuitement aux employeurs suivis par SOS Employeurs ESS, des entretiens-flash avec des assesseurs ou des mandataires judiciaires pour les accompagner dans leur démarche de sortie de crise.
Nous organisons aussi des activités de prévention et de sensibilisation à destination des employeurs avec nos différents partenaires.
Nous faisons face à trois enjeux. Notre première limite réside dans le fait de faire connaître ce dispositif. Celui-ci est très bien identifié en Hauts-de-France, région qui l’expérimente depuis 2022, mais dans les régions qui l’ont mis en place progressivement depuis juin 2025, sa connaissance reste cantonnée aux employeurs bien insérés dans les réseaux de l’ESS. Nous avons un véritable enjeu à diffuser l’existence de ce dispositif gratuit au plus grand nombre.
Notre deuxième enjeu réside dans le fait d’inciter les employeurs à nous contacter au plus tôt. Souvent, les entreprises que nous accompagnons viennent nous voir lorsque les difficultés sont déjà bien installées, quand quelques mois auparavant nous aurions eu plus de marge de manœuvre pour les accompagner.
Notre dernier enjeu, et pas des moindres, est lié à l’expérimentation des tribunaux des affaires économiques, qui propose d’absorber certaines compétences des tribunaux judiciaires et de rendre les TAE seuls compétents pour traiter des procédures collectives et de prévention.
Il s’agit d’un changement extrêmement important pour la très grande majorité des entreprises de l’ESS. Aussi, nous souhaitons être associés au comité d’évaluation
Nous avons la responsabilité collective de diffuser toutes les informations dont nous disposons sur les dispositifs existants, les conseils à suivre, par tous nos moyens de communication : via nos newsletters, sur les réseaux sociaux, par le bouche à oreille.
A ce titre, le partenariat est primordial et c’est pourquoi à l’UDES nous avons pris le temps de rencontrer l’ensemble des acteurs de l’accompagnement, de la prévention au rebond pour faire connaître notre dispositif, mais aussi pour mieux connaître leurs services et pour pouvoir orienter le plus finement et le plus rapidement possible.
Notre principal conseil aux employeurs qui nous lisent est de ne pas attendre, de venir au plus tôt toquer à la porte d’un acteur de l’accompagnement, quel qu’il soit.
Nous sommes bien articulés, nous saurons vous accompagner. Des pairs peuvent vous écouter, vous aiguiller, il n’est pas nécessaire d’être seul face aux difficultés.