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Le prêt participatif dans la procédure collective

Entretien avec Nicolas LESUR, Vice-Président de Financement Participatif France et Président d’Unilend

Nicolas LESUR, Vice-Président de Financement
Participatif France et Président d’Unilend

Quelle place le financement participatif sous forme de prêt a-t-il dans le paysage actuel du financement ?

Le financement participatif sous forme de prêt existe en France depuis 2013, et aujourd’hui plusieurs milliers d’entreprises ont déjà financé leurs projets via ce biais. Ce chiffre n’est pas anecdotique, et ce n’est que le début.

Unilend, Lendopolis, Bolden, credit.fr et une quinzaine d’autres entreprises se sont créées ces dernières années pour permettre aux particuliers de prêter aux entreprises. La demande est forte et continue de grandir, de la part des prêteurs comme de la part des emprunteurs.

Quel impact le financement participatif sous forme de prêt a-t-il sur les interactions entre les créanciers et les praticiens des procédures collectives ?

La plupart des projets sont accessibles aux prêteurs à partir de 20€ et les montants empruntés atteignent régulièrement plusieurs centaines de milliers d’euros. Certaines entreprises peuvent donc se retrouver avec plusieurs milliers de créanciers pour un même emprunt !

En permettant aux épargnants de prêter de l'argent directement aux TPE/PME, le financement participatif sous forme de prêt est ancré dans l’économie réelle.

Les conséquences sur la charge de travail des administrateurs et mandataires judiciaires ne sont pas négligeables : multiplication des interactions, envois massifs de courriers, difficultés opérationnelles liées à l’obsolescence rapide des bases de données, risques d’incompréhension des créanciers qui sont des particuliers majoritairement étrangers aux procédures collectives.

Que proposez-vous pour faciliter la situation ?

Les plateformes de financement participatif sous forme de prêt ont vocation à servir d’intermédiaires privilégiés entre les prêteurs et les praticiens des procédures collectives. Elles peuvent accompagner les créanciers pendant la durée de la procédure.

La grande majorité des prêteurs est composée d’épargnants qui ne sont pas des professionnels de la finance. Or les sujets abordés en cas de procédure collective sont techniques et peuvent sembler très abruptes aux non-spécialistes.

Le rôle des plateformes de prêt est donc de les informer avec pédagogie afin qu’ils saisissent les enjeux et puissent prendre des décisions éclairées.

Nous pensons important de fluidifier les échanges et d’éviter les situations compliquées par un dialogue entre les organismes représentatifs des praticiens des procédures collectives et Financement Participatif France.

Les plateformes ne se substitueraient bien sûr pas à l’administration, mais elles pourraient faire leur travail de communication et de pédagogie.

Le cas des procédures amiables doit également être prévu : en amont des procédures collectives et dans le cadre de la prévention des difficultés des entreprises, il conviendrait d’associer les plateformes de financement participatif sous forme de prêt, au même titre que les autres créanciers financeurs, aux échanges et aux recherches de solution ayant lieu lors des procédures amiables.

Comment pouvez-vous fluidifier la relation entre les prêteurs et les praticiens des procédures collectives ?

Nous connaissons bien la population des prêteurs. C’est notre métier de les informer et de simplifier les problématiques compliquées pour qu’ils puissent mieux les comprendre et prendre les décisions les plus bénéfiques pour eux.

Être interlocuteur nous permettrait également d’homogénéiser les messages et d’éviter les interprétations fausses.
Les plateformes de financement participatif sous forme de prêt ont toutes des services dédiés à la relation prêteurs. Elles sont disponibles, réactives, et répondent individuellement à chaque demande.

Quels seraient les bénéfices pour les administrateurs et mandataires judiciaires ?

Échanger les informations sur les procédures collectives avec les plateformes de financement participatif sous forme de prêt permettrait aux praticiens des procédures collectives de bénéficier d’une grosse économie de charge, d’optimiser les temps de traitement et de simplifier les relations avec une typologie d’interlocuteurs qu’ils ne connaissent pas encore très bien : les particuliers.

Qu’est-ce que le prêt participatif ?

Le financement participatif sous forme de prêt (parfois appelé « crowdlending ») désigne une forme de financement par la dette pour les entreprises.

En France, il a vu le jour en 2013 avec la société Unilend, plateforme en ligne permettant aux particuliers de prêter de l'argent à des petites et moyennes entreprises en échange d'une rémunération.
Depuis, une vingtaine d’entreprises se sont lancées sur le marché ; certaines sont notamment spécialisées dans des secteurs d’activité particuliers (agriculture, transition énergétique…).

Ces nouveaux outils de financement permettent aux emprunteurs de financer rapidement, simplement et sans prise de garantie, leurs projets de développement (notamment immatériels), et aux prêteurs de dynamiser leur épargne en constituant un portefeuille d’investissements diversifié et potentiellement rémunérateur.

Attention, il faut distinguer le « crowdlending » du « crowdfunding », terme générique désignant le financement participatif de manière plus large et incluant d’autres formes de financements telles que le don, le don avec contrepartie, ou encore le capital-investissement.

Comment ça marche ?

L’entreprise dépose sa demande en ligne sur une plateforme de financement participatif sous forme de prêt en précisant le type de projet à financer, le montant et la durée de remboursement de l’emprunt souhaité.
La plateforme analyse alors le projet et, s’il est éligible selon ses propres critères de sélection, le propose à sa communauté de prêteurs inscrits.

Les prêteurs décident ensuite s’ils souhaitent participer au financement du projet en prêtant à l’entreprise concernée.
Si le projet est financé, l’entreprise emprunteuse s’engage à rembourser les prêteurs selon les modalités et l’échéancier (capital et intérêts) tels que prévus au contrat.

Ensuite, la plateforme gère l’affectation des sommes et organise les remboursements ainsi que les recouvrements le cas échéant.

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